Solo mais pas trop au Népal

Après l’année de mon bac et la fin de mes années lycées, j’avais décidé de m’orienter vers le domaine du social, plus précisément vers le métier d’éducatrice spécialisée.

C’était pour moi une évidence de travailler auprès de personnes en difficultés, aux trajectoires de vie complexe. En exerçant ce métier je voulais transmettre les valeurs qui m’ont été inculqués et tenter de remédier aux problèmes que j’ai pu rencontrer si bien personnellement que dans mon entourage famille, amis, rencontres, lycée..

Avant de rentrer en formation j’ai voulu effectuer une prépa qui me préparait aux concours d’éducateur spécialisé, dans le même temps, de me permettre de gagner encore en maturité. Mais je voulais faire quelque chose de plus important encore.. partir seule aider les autres au bout du monde, au Népal. Un pays qui m’attirait de plus en plus au fil du temps, le pays qui a vu naître Bouddha, Siddhartha Gautama, celui qui sait, celui qui comprend, l’Eveillé ou encore l’Illuminé. En septembre ma décision était prise, départ pour le Népal dans quelques mois. Je voulais effectuer du bénévolat durant mon voyage au sein d’une association. J’ai effectuer beaucoup de recherche car j’avais vue quelques émissions sur le tourisme humanitaire qui parfois devenait plutôt une usine a fric auprès des populations qu’un lieu altruiste.

J’ai trouvé l’association Mission Muskaan, qui signifie sourire en népalais. J’ai pris contacte avec la responsable de l’association qui résidait en France, elle s’occupa de me transmettre les conditions pour partir : un casier judiciaire vierge, une bonne condition physique, l’emploi du temps et la somme que je devais verser à l’association pour le couvert, le logement et le linge (environ 200 euros pour un mois). Départ fixé, je pars seule pour le Nepal dans quelques mois.

Voilà que le moment fatidique de monter dans l’avion arrive, je ne pense qu’a faire demi-tour, rester dans son cocon, dans son train-train quotidien.

Bon maintenant t’arrête de faire ta pleureuse, et tu y vas, merde, tu l’as voulu non  ?!

On fait gros câlin à maman et papa.. qui ont eux aussi du mal a l’idée de te voir partir mais te motive.

 

Quand tu fais un câlin a papa, maman !

 

Arrivée à Kathmandou vers 19h30, autant vous dire qu’il fait déjà nuit depuis 2 heures (mon avion ayant été dérouté par manque de visibilité, je suis restée bloquée à Calcutta pendant 2h environ) je ne comprend rien à ce qu’il m’arrive. Une des personnes de l’association viens me récupérer à l’aéroport, il me baraguine un truc et me met dans un taxi, lui fait le trajet à moto. Je me rappelle très bien avoir allumé une petite cigarette dans mon taxi, sourire aux lèvres, papillons dans le ventre, cheveux au vent (il était de trop lui).

 

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Kathmandou

 

Je sors du taxi, amène ma valise jusqu’a l’entrée de l’orphelinat (chemin tout à fait propice aux roulettes d’une valise.. échec). Je suis accueillie par quelques enfants et Dhana qui s’occupe de l’association et des enfants sur place. J’arrive dans ma chambre, une autre bénévole française est là pour m’accueillir, soulagement pour moi de pouvoir m’exprimer dans ma langue (oui, il faut dire qu’à l’époque mon anglais étais très mauvais), elle termine son voyage au Népal et repart le lendemain. Elle me montre les lieux, je rencontre les enfants et nous passons à table, un grand moment, je fais style la nana qui mange de tout,  » WOUAAIIIIIIE ça arrache ton dal bhat  » mais qu’est-ce que c’est bon quand c’est préparé par Dhana ou Durga 😉

 

Quand tu crois que tu peux manger épicé !

 

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Bref, je ne vous écris pas cet article pour vous faire part de mon expérience au sein de l’orphelinat, mais plutôt afin de tirer une conclusion sur le voyage solo. Alors voilà, mon expérience s’est avérée être plus courte que prévu, je n’ai pas réussi à rester la durée que je m’étais fixée, j’ai eu envie de rentrer au plus vite, je n’arrivais plus à prendre plaisir. Je ne partageais pas mes ressentis aux autres, évidemment parce que je ne parlais pas du tout anglais, c’est en parti ce qui m’a le plus impacté. Même si, Dhana est venue me soutenir voyant bien que ça n’allait pas.

J’ai voulu me forcer, du moins essayer de me faire violence pour atteindre mon but fixé. Je ne voulais pas rentrer et avouer que je n’avais pas réussi mon engagement, je ne voulais pas me décevoir et décevoir les autres. Je me sentais coupable d’avoir gâchée cette opportunité qui aurait ravie plus d’une personne.

Puis, j’ai pris du recul par rapport à mes émotions, à cette expérience au Népal. J’ai compris que rien n’étais perdu ou gâché. Que toute expérience quelle qu’elle soit est bonne a prendre.

 

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Swayambunath

 

« Chaque fois que l’homme fait une nouvelle expérience, il apprend toujours plus. Il ne peut pas apprendre moins.”  Richard Buckminster Fuller

 

J’ai appris que le voyage solo n’étais pas fait pour moi, du moins pas pour tout de suite, il ne me correspond pas. Bien que j’apprécie me retrouve seule avec moi même de temps en temps, je ne suis pas une âme solitaire, j’ai besoin d’avoir quelque chose ou quelqu’un qui me ressemble, sur qui je puisse m’épauler et partager. J’aurais pu tenter de continuer mon voyage en changeant d’endroit peut-être aurais-je fais des rencontres, mais il arrive un moment où parfois il faut savoir s’écouter et suivre son instinct, je l’ai fais.

 

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Vu du Swayambunath

 

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Swayambunath

 

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Patan

 

Je ne regrette rien de cette expérience qui m’a beaucoup apporté pour la suite de mon parcours, surtout personnellement. Ma conscience sur le monde et sur moi-même ont émargé, j’ai voulu me diriger vers la médiation, l’harmonisation des chakras, le bouddhisme, toutes ces choses qui m’ont apaisé durant ce voyage et qui on su me trouver au plus profond, spirituellement. C’est en allant visiter le temple de Swayambhunath , le temple des singes à Kathmandu que j’ai ressentis mes premières vibrations, en prenant totalement conscience de mon esprit et de mon corps, c’est un homme qui vendaient des bols tibétains au temple et qui durant une heure me mis au centre de toutes ces différentes vibrations provenant des différents bols en m’expliquant qu’il fallait que je me concentre sur ma respiration. Je suis sortie de cette pièce différente que lors de mon entrée. Infiniment merci à lui. Merci au Népal. Aux personnes de Mission Muskaan.

 

Namaste.

N’hésitez pas à donner votre avis.

 

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Swayambunath